Emeric Guerard

Emeric Guerard

C’est au 10, rue des deux porches, dans l’hyper-centre de Brive, que nous avons rendez-vous, ce jour, avec Emeric Guerard pour nous parler de la culture skate ainsi que de son concept store, le Shop Drop.

Emeric n’est pas véritablement briviste puisqu’il est natif de Sarlat (Dordogne), ville où il a d’ailleurs passé toute sa jeunesse. Après avoir suivi une école de commerce à Bordeaux, il commence sa vie professionnelle en créant une entreprise de conseil informatique et d’expertise Q.S.E. à Toulouse. Tout se passe à merveille d’un point de vue économique pourtant, au bout d’une dizaine d’années, Emeric sent qu’il est d’une certaine manière au bout d’un cycle.

« J’ai eu envie d’autre chose, nous dit-il. J’ai ressenti le désir de créer une activité davantage liée à mes passions, à savoir le sport nature. Cela devenait évident que je recherchais une activité plus manuelle que cérébrale. Fini le col blanc ! »

Emeric a donc logiquement vendu son entreprise. Il décide alors de racheter en 2012 avec sa femme, Aurélie, le Junior Club House, un centre de vacances près de Neuvic, en Haute-Corrèze. Ce Centre, d’une grande capacité (250 lits, 7 hectares) assure, l’été, le rôle de colonie de vacances sportives et, l’hiver, le rôle de gîte de groupe pour adultes (entreprise, mariages, etc). Etant donné le fort attachement aux racines sarladaises, le couple, accompagné de ses quatre enfants, décide de s’installer à mi- distance vis-à-vis du centre. Le choix de Brive-la-Gaillarde s’est imposé naturellement, et ce, d’autant plus que cette ville reste à taille humaine et idéale pour des enfants. Ayant des collaborateurs qui s’occupent du domaine, Emeric se demande s’il ne serait pas tant de créer un commerce à Brive.

« Je ne me sens pas tellement chef d’entreprise : je suis davantage un entrepreneur. J’aime créer et explorer de nouvelles choses. Je n’avais jamais tenu de commerce ! »

C’est à la toute fin du mois d’Août 2019 que notre intéressé achète les murs de son futur magasin rue des 2 porches. Il l’aménage à sa guise avec des matériaux simples, bois et métal, dans un esprit indus mais néanmoins chaleureux. L’idée du concept store est de relier deux mondes différents : la fripe et le skate. Ces deux univers pas forcément liés naturellement deviennent contigus par la disposition des lieux. En effet, bien qu’il existe 2 espaces distincts, fripe et skate, un passage permet indifféremment de passer d’un univers à l’autre.

« on amène ainsi les skateurs vers les vêtements d’occasion, ce qui n’est pas évident, mais, d’un autre côté, les amateurs de fringues d’occasion peuvent explorer l’univers du skate. J’ai vu des grand-mères regarder avec grand intérêt des plateaux de skate ! On fait bouger les lignes, c’est génial ! C’est exactement ce que nous voulons.»

L’intérêt pour les vêtements de seconde main a été d’abord motivé par le simple fait que l’industrie du textile apparaît comme une des industries les plus polluantes au monde. De plus, les français désormais ne sont plus rebutés pour acheter des vêtements d’occasion. Enfin, cette dynamique de l’occasion s’associe avec la renaissance des vide-greniers et l’attrait pour le vintage. Quant à l’univers du skate, Emeric nous précise qu’il y a eu comme une sorte d’alignement des planètes car, d’une part, le skate revient en force dans le monde entier : ce sport, à part entière, fait désormais partie du programme officiel des Jeux Olympiques dès 2020. D’une autre part, il n’existe aucun magasin de skate aux alentours : ni dans le 24 (Dordogne), le 19 (Corrèze) ou le 46 (le Lot). Enfin, grâce à l’association Brive skateboard, la ville de Brive a décidé de financer un skate Park inauguré dans le quartier de Tujac en Juin 2019. Dans l’espace strictement dédié au skate, on trouve logiquement tout l’attirail du passionné : le plateau (la planche), les roues, le trucks (élément de liaison entre la planche et les roues) ainsi que des outils. Notre hôte assure bien sûr le montage et les réparations mais, nous confie-t-il, il n’est pas rare que les passionnés coopèrent à la tâche.

  « L’esprit de ce magasin, tient à souligner Emeric, reste avant tout la convivialité, d’être un lieu de confort, d’où les fauteuils. Les gens viennent passer nous dire simplement Bonjour ! L’ esprit de la boutique apparaît d’ailleurs tout à fait raccord avec l’ambiance de la rue des 2 porches. »

L’univers du skate est encore mal connu car c’est une communauté étonnamment très ouverte : il existe beaucoup d’entraide entre les pratiquants que l’on soit un vrai expert ou un simple débutant. Emeric insiste, à ce sujet, que la bienveillance est quasi inhérente à l’esprit de ce sport.

C’est ainsi que s’achève notre entretien avec Emeric qui nous promet, en off, de nouvelles offres prochainement car, tient-il à rappeler, qui dit concept store, dit évolution et transformation.

Laurent Nicolas

Laurent Nicolas

Rédacteur